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La presqu’île du Cap-Ferret

Presqu'île du Cap Ferret

La presqu’île du Cap Ferret est un espace exceptionnel de nature préservée sur la côte atlantique.

Histoire de la forêt domaniale de Lège Cap-Ferret

Formée progressivement par un sable véhiculé par le courant et le vent, la presqu’île du Cap Ferret n’était à l’origine qu’une succession de dunes inhospitalières. Pas de pins. Quelques maigres pâtures dans les creux des dunes où l’herbe pousse, mais pièges redoutables, car l’imprudent risquait de s’enliser dans un mélange d’eau et de sable, véritables sables mouvants que l’oeil ne pouvait discerner. Plus grave, poussées par le vent d’ouest, les dunes se déplacent et ensevelissent pâtures et hameaux.

Pourtant ce désert était convoité car il recelait quelques richesses, la chasse, la pêche et la possibilité de s’approprier tout ce que la mer rejetait. C’est ainsi que pendant des siècles les revendications des seigneurs barons de Lège et des seigneurs de la Teste dits Captaux de Buch aboutissaient au conseil du Roi, chacun faisant valoir ses titres.

« Les dunes sont à moi affirmait le baron de Lège, elles sont faites du sable arraché à mon fief ». Point du tout clamait le Captal, le sable vient de la mer et ce qui vient de la mer m’appartient : c’est le roi d’Angleterre qui me l’a donné ».

Presqu'île du Cap Ferret

La politique de la Royauté et des gouvernements successifs fut immuable : « Les dunes appartiendront à qui les boisera, ou l’Etat s’en chargera et en prendra possession ».

En fait, soit par suite de la défaillance des particuliers, des barons de Lège et par les confiscations de la Révolution, l’Etat se trouva propriétaire de Claouey à la Pointe de la majorité de la presqu’île du Cap Ferret dont le boisement était balbutiant, mais commencé.

Après une interruption due aux guerres de la Révolution et de l’Empire, les administrations des Ponts et Chaussées puis des Eaux et Forêts (actuellement l’Office National des Forêts) s’employèrent inlassablement à boiser les dunes.
C’est ainsi que fut créée la forêt domaniale de Lège et Garonne. Et ce ne fut pas sans mal, car il fallut triompher de l’hostilité de la population qui faisait valoir d’anciens droits octroyés par le Captal de faire pacager les bêtes sur les « padouens », les terres vacantes, pour le plus grand malheur des jeunes plantations. On brula, on saccagea.

Grâce au pin, voici les sables en partie assurés.
Il fournira le bois pour la construction, le chauffage, la protection du littoral, la pâte à papier, les poteaux de mine, le charbon de bois pour la forge ou la maison, la résine.

Et pourtant l’Etat va se dessaisir d’une grande partie de cette forêt qu’il a mis des siècles à constituer.

Le second Empire pour favoriser la constitution de grands domaines forestiers dont les produits sont l’objet d’une demande croissante, mettra en vente aux enchères une grande partie de la presqu’île depuis Claouey jusqu’à la ligne actuelle du tramway forestier du Cap Ferret. Deux frères, Léon et Frédéric Lesca acquéreurs de la presque totalité des lots mettront en valeur cet immense domaine, exploitant la forêt, développant les réservoirs à poissons, implantant même la vigne. La propriété sera malheureusement morcelée au gré des successions et lotie.

Presqu'île du Cap Ferret

La République à son tour, pour se débarrasser d’une forêt qui se développait difficilement, surtout pour transférer aux particuliers ses obligations de défense contre la mer ou contre le sable, aliénera en 1905 quarante-quatre hectares à la pointe, et dix ans plus tard, pour les mêmes motifs, échangera le reste de son domaine forestier du Cap-Ferret.

Texte de Max BAUMANN aux Editions EQUINOXE

Agence Immobilière du Cap